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Ballan DIAKITE

Le Défi du Bonheur... Une autre façon d'etre ''Heureux'' !

15 Octobre 2015 , Rédigé par Ballan DIAKITE Publié dans #Developpent personnel, #Littérature

Grandir est un impératif de la vie. Parfois c’est un choix, mais le plus souvent, bon gré mal gré, la vie nous l’impose sans autre alternative. C’est une erreur de penser que grandir est une conséquence du nombre de l’âge. Quelle autre époque que la nôtre pour constater que l’âge ne détermine en rien l’état d’esprit et la maturité d’un homme ? Quelle autre époque que la nôtre quand, pour dire « je t’aime » on préfère se taire et dissimuler nos sentiments ; quand, plutôt que d’ouvrir ses bras à son frère on préfère lui tourner le dos ; quand, plutôt que de s’excuser avec humilité on préfère mépriser par arrogance… ? D’ailleurs, si seulement le quart de la population mondiale était suffisamment « grand », c’est sûr qu’on n’aurait pas eu autant de misère à travers le monde. Peu d’entre nous sont grands et la minorité qui l’est, soit par choix ; soit par la force des coups sévères reçus de la vie ; manque cruellement de moyens suffisants pour transformer ce monde. Certains m’accuseront là à tort en disant qu’il est presque impossible de changer le monde. Ils diront que le monde, tel un fleuve, ne fait que suivre son cours ; et qu’enfin de compte, l’humanité n’a à aucune autre période de son histoire, connu autant de progrès et de liberté tant individuelle que collective que sous notre soleil. Mais ceux-là se trompent et ignorent beaucoup de l’histoire de l’humanité. Que signifie le progrès si celui-ci ne peut servir à atténuer les souffrances humaines ? Nul part auparavant l’homme n’avait été autant assujetti au nom du progrès qu’il ne l’est aujourd’hui. La force qui fit de certains hommes esclaves d’autres hommes autrefois, fut d’abord une force physique tangible. C’est la force qui a fait les premiers esclaves. De nos jours encore, dans nos sociétés apparemment sans esclave, cette même force persiste parmi les hommes non point qu’elle s’exercerait physiquement et de façon tangible ; mais subtilement, se normalisant dans toutes les sphères et domaines de la vie sociale (politique, économique, juridique). Je m’explique…

N’ayant point dans sa conscience l’idée d’une quelconque égalité face à son maitre ; le pauvre d’hier dans son esclavage vivait mieux que le pauvre d’aujourd’hui dans sa riche « démocratie ». Ils eurent sans doute moins de droit à leur époque que nous l’avons aujourd’hui mais, plus heureux que nous ils le furent ; car quoique dures fussent leur conditions de vie, les âmes n’y étaient pas perverties. C’est tout le contraire aujourd’hui. Dans notre pauvreté, au cœur de nos démocraties, nous sommes frustrés tout comme le pauvre d’hier. Pire, contrairement à ce dernier, nous perdons tout au plus la sérénité du cœur et l’autonomie de notre âme. Car tout le pouvoir est concentré entre les mains d’une infime minorité. C’est à croire que notre bonheur ne dépend plus de nous-mêmes, mais d’une force extérieure qui nous dépasse et sur laquelle nous n’exerçons visiblement aucun contrôle : cette force s’appelle ARGENT ! Pour l’homme du 21ème siècle l’argent est la clé de tous les bonheurs, mais en fait, c’est la source de tous les maux aussi. Cela s’explique par le fait qu’aujourd’hui nous avons placé en la richesse matérielle notre capacité à être heureux. Il nous est aujourd’hui presque impossible de sourire quand on n’a rien dans la poche. Car l’argent semble être presque l’unique source de joie que nous avons pu trouver dans ce monde immensément riche en beauté. L’argent nous colonise ; l’argent nous corrompt ; l’argent nous pervertis. Se libérer psychologiquement, mentalement, moralement du joug de l’argent est à mes yeux aujourd’hui le premier pas qui nous mène vers le bonheur. Mais de simples discours intellectuels ou politiques ne pourront pas nous y parvenir. Il faut que chacun, individuellement, arrive à mener sur soi et sur sa personne, un travail d’éducation profonde dans ses rapports avec l’argent, l’homme, la société etc. Il n’y a que par ce procédé que nous arriverons, avec courage et patience à l’appui, à briser le carcan de l’argent qui semble nous engouffrer dans un esclavage inouï. Et pour cela, il nous faut, par tous les moyens possibles, grandir dans nos pensées et dans nos comportements. Car grandir c’est quoi finalement ?

Grandir, c’est la conscience qui nous permet de quitter le stade de l’enfance pour accéder à la connaissance de la vie. L’enfance, comme aime à le dire Tariq Ramadan, c’est la vie sans la conscience de la vie. Grandir, c’est la vie avec l’idée et la conscience de la vie. Attention ! Mon intention n’est nullement d’insinuer ici l’idée que nous sommes des enfants au sens propre du terme. Etre enfant, littéralement, c’est être innocent. Or, en toute objectivité, l’homme du 21ème est loin d’être innocent tant dans ses pensées que dans ses actes. Il sait le plus souvent, en amont, la portée et les conséquences de ses moindres faits et gestes. Cette nuance est nécessaire à préciser. D’où il suit que, « l’enfance » de l’homme de notre temps est loin d’être l’enfance de l’innocence mais ; celle du refus de grandir et de l’opiniâtreté. Car, comme j’ai eu à le préciser un peu plus haut, « grandir » c’est aussi parfois un choix dans la vie. Notre grand malheur aujourd’hui est inhérent à l’absence de volonté et de choix de grandir. Je considère et suppose que grandir, c’est savoir se poser de bonnes questions, aux bons moments, aux bons endroits. C’est avoir le courage mais aussi l’intelligence de dire « non » quand il le faut, et « oui » quand il le faut. C’est chercher à connaitre la source de ses propres problèmes, de ses propres tourments ; et d’y remédier de la façon la plus simple possible. Grandir, c’est être indépendant dans ses choix et responsable dans ses actes. C’est être autonome dans ses émotions, dans ses humeurs, dans son état d’esprit. C’est comprendre finalement que l’argent est un moyen au service d’une vie et non le bonheur assuré de la vie. Le plus grand malheur qui nous maintient dans la souffrance est que nous nous sommes rendu esclaves de l’argent. Au lieu que l’argent nous sert, c’est nous finalement qui servons à l’argent. Au lieu que l’argent soit à notre service, c’est nous finalement qui sommes au service de l’argent. Cependant, comme dans tout esclavage, le salut du sujet viendrait de sa capacité à briser ses chaines. Esclaves que nous sommes, notre chaine s’appelle l’argent. Comment sortir de cet assujettissement ? Là est toute la question. En toute humilité, je pense personnellement que, pour sortir du joug de l’argent ; nous devrions tout d’abord cesser de placer aveuglement en l’argent toute notre confiance, notre espoir et notre bonheur. Nous devrions apprendre à regarder la vie à travers les lunettes du sens, du beau, et du bien. Cela exige de nous beaucoup de rigueur, beaucoup de conscience, beaucoup de sagesse et de profondeur d’âme. Il n’y a que par ce moyen que nous commencerons à cheminer réellement dans la voie du bonheur, le véritable. D’où la nécessité de grandir ; d’accéder à une conscience vive, à une intelligence du cœur et de l’esprit, pour enfin pouvoir dire un jour et toujours : « Je suis heureux » !


Ballan DIAKITE.

#PhotodeManoa.

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